Arsène d'Arsonval - Héritage

1. Recherche – innovation

1.1 Les appareils de mesure

1.1.1 Galvanomètres

Galvanomètre : un appareil pour détecter, déterminer le sens, et mesurer des courants électriques généralement très faibles.

Modèle (1881) Deprez-d’Arsonval

modèle 1892

Modèle (1892) d'Arsonval-Gaiffe

Le galvanomètre à cadre mobile Deprez - d’Arsonval 

Entre les branches d’un aimant en fer à cheval et tout autour de la pièce cylindrique de fer doux rendue fixe, peut osciller le fin bobinage conducteur de courant rendu mobile et simplement suspendu par un fil de torsion extrêmement fin. L’interaction électromagnétique courant-aimant entraîne une rotation du cadre. Le cadre porte un miroir argenté qui permet, par réflexion d’un faisceau lumineux, de faire une lecture optique sur une échelle graduée avec une très grande précision.

 
«C’est en 1880 que j’ai introduit, en électrométrie, les galvanomètres à circuit mobile. Ces appareils ont trois avantages bien précieux :
 - ils sont absolument apériodiques1;
 - la partie mobile n’étant pas magnétique ils sont soustraits à l’influence du magnétisme terrestre ou des aimants voisins; le couple moteur peut être rendu très grand puisqu’il est proportionnel au produit de l’intensité à mesurer par l’intensité du champ magnétique.»
 A. d’Arsonval
(1) Se dit d’un appareil de mesure qui atteint sa position de régime sans oscillation.

Associé avec des résistors (shunts) en parallèle, le galvanomètre est un ampèremètre, et avec des résistors en série il devient un voltmètre. Selon les caractéristiques mécaniques et électriques du cadre mobile il est utilisé en mode continu, ou impulsionnel.
Dans les laboratoires il peut être aussi utilisé en galvanomètre balistique, en thermo-galvanomètre, en galvanomètre différentiel, en galvanomètre « de zéro ». Cette polyvalence donne au galvanomètre une place de première importance dans la mesure de « l’électricité ».

Le galvanomètre à cadre mobile (à fil unique) encore appelé galvanomètre à corde ou galvanomètre à vibration, a permis une avancée certaine, dans la recherche conduisant aux électrocardiographes, oscillographes . . .

Le galvanomètre d’Arsonval-Gaiffe 

C'est un modèle à pôles d’aimants concentriques et à cadre mobile sur pivots ; transportable et peu fragile, à partir de 1892, il devient partie intégrante des appareils et instruments de mesure électrique.



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1.1.2 Calorimètres

Calorimètre : un appareil destiné à mesurer les échanges de chaleur.

« Depuis l’année 1877, où j’ai communiqué à la Société de Biologie mes premières méthodes de calorimétrie animale, je n’ai cessé d’insister sur l’insuffisance de la thermométrie pour résoudre les questions se rapportant à la thermogenèse. . . J’ai montré de plus, par des expériences décisives, que non seulement les indications du thermomètre sont insuffisantes, mais que la plupart du temps elles conduisent le médecin, comme le physiologiste, à des conclusions radicalement fausses, en ce qui concerne les variations dans la production de la chaleur. Chez les êtres vivants le thermomètre nous renseigne exactement sur la répartition de la chaleur dans l’organisme, mais le calorimètre seul permet de mesurer les oscillations (variations) de sa production ».
A. d’Arsonval
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Le calorimètre enregistreur d’Arsonval 

 La présence de l’animal dans son intérieur tend à échauffer le calorimètre, mais cet instrument est construit de telle sorte qu’il reste à la température ambiante en agissant sur une source de froid compensatrice qui lui enlève à chaque instant la chaleur cédée par l’animal, selon le principe de l’autorégulation ou de la régulation directe.

 

Le calorimètre se compose de deux cylindres concentriques circonscrivant deux cavités ; une centrale, où est placé l’animal en expérience, l’autre annulaire, renfermant un matelas liquide dilatable et un serpentin dans lequel peut circuler de l’eau extérieure à la température zéro degré. Le matelas liquide agit sur un régulateur d’écoulement d’eau dans le serpentin de façon à maintenir constante la température du calorimètre.

 

« Tant que le calorimètre est à la température ambiante, aucun écoulement d’eau ne peut avoir lieu ; si on introduit, au contraire, un animal dans le calorimètre, immédiatement, l’écoulement d’eau à zéro commence, d’autant plus rapide que la source de chaleur est plus énergique ; et cela sans secousse, avec une continuité parfaite. La température moyenne du calorimètre, pendant tout le temps, ne varie pas de 1/100e de degré.
  Rien de plus facile que d’évaluer le nombre de calories fournies, en un temps donné, par l’animal en expérience. Il suffit pour cela, de mesurer le volume d’eau qui a traversé le serpentin. En effet, supposons que l’eau entre à zéro sorte du calorimètre à + 15 degrés, elle aura enlevé 15 calories par litre écoulé ».
A. d’Arsonval

Le calorimètre par rayonnement

L’anémo-calorimètre

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1.2 Les matériels de laboratoire

1.2.1 Etuves, enceintes à température contante (précision 1/50è de degré)

Les étuves auto-régulatrices du Dr d’Arsonval permettent d’obtenir des températures invariables jusqu’à 120 degrés pendant un temps indéfini, quelles que soient les variations de pressions du gaz de la ville, (données du constructeur E. ADNET, 1896).

Une étuve se compose de deux vases cylindro-coniques, limitants deux cavités ; l’une centrale qui est l’étuve, l’autre annulaire pleine d’eau, constituant à la fois le matelas liquide et le régulateur soumis à l’action du foyer :

« J’utilise, simplement, la dilatation de ce matelas liquide pour régler le passage du gaz qui se rend au brûleur. C’est cet artifice qui constitue l’originalité de mon régulateur et son exquise sensibilité. Une étuve, contenant 20 litres d’eau, maintient la température à 1/50è de degré dans l’espace intérieur, s’il est bien clos, et on peut aller beaucoup plus loin.
C’est ce modèle d’étuve qui a été adopté aujourd’hui généralement dans tous les laboratoires tant français qu’étrangers. . . »,
Ce dispositif s’applique seulement aux petites étuves. Lorsqu’on veut avoir de grands espaces à température fixe, capables de contenir une ou plusieurs personnes, pour la calorimétrie humaine, ou certaines expériences de physique, la forme de l’étuve est modifiée . . .
 j’ai établi les étuves servant à M. Pasteur et à M. Mascart ».
A. d’Arsonval
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1.2.2 Filtres et stérilisateurs

Les filtres (pour la filtration et stérilisation des liquides organiques) et les autoclaves (pour la stérilisation et conservation des liquides organiques) de « M le Dr d’Arsonval » font intervenir l’emploi de l’acide carbonique liquéfié sous haute-pression. Aujourd’hui, cette technique est mieux connue sous le nom d’extraction par CO2 supercritique (cf. wikipédia Dioxyde de carbone supercritique) ou superfluide.

« . . . J’ai pensé à utiliser la pression d’un gaz physiologiquement neutre pour les liquides organiques : l’acide carbonique liquéfié, que l’industrie nous fournit aujourd’hui couramment dans des tubes en acier et à un prix très minime. La pression exercée par ce gaz varie de 60 à 80 atmosphères suivant la température ambiante ; et cette pression est obtenue automatiquement par la simple ouverture d’un robinet. J’ajouterai qu’à ces pressions énormes, l’acide carbonique jouit de propriétés stérilisantes et antiseptiques remarquables. ».
A. d’Arsonval
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1.3 La téléphonie

1.3.1 Téléphone employé comme galvanoscope1

« La patte de la grenouille était considérée comme l’un des réactifs les plus sensibles aux courants électriques et employée constamment comme galvanoscope. Par une expérience très simple, j’ai montré en décembre 1877, que le téléphone est environ deux cents fois plus sensible que la patte galvanoscopique. Je proposai alors l’usage de cet instrument pour l’étude de l’électricité animale en général, et du tétanos électrique du muscle en particulier. En disposant un interrupteur vibrant, j’ai pu déceler, par le téléphone, le passage d’un courant continu, et je montrai ainsi l’existence des courants électriques musculaires et nerveux, ainsi que la variation négative2. Mes expériences furent répétées par divers savants et, notamment par M. de Tarchannoff, à Saint-Pétersbourg, . . . »
A. d’Arsonval

(*) A. D’ARSONVAL,Notice n°78 sur les titres et travaux scientifiques de M. A d’Arsonval,Paris, 1888.

(1) galvanoscope : appareil permettant de déceler un courant électrique.

(2) A. D’ARSONVAL,Notes de M. A d’Arsonval sur les causes des courants électriques d’origine animale dits courants de repos, dans les comptes-rendus de la Société de biologie, juillet 1885

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1.3.2 Un nouveau système de téléphone

« Mon invention a pour objet un nouveau système de téléphone dont le principe caractéristique repose sur l’application d’une bobine circulaire se déplaçant dans un champ magnétique auquel je donne le nom de champ magnétique annulaire.  A cet effet, j’utilise les deux pôles concentriques d’un aimant dont l’un à la forme d’un cylindre plein, et dont l’autre, qui enveloppe le premier de toutes parts, a la forme d’un anneau. Ces des deux pôles sont donc concentriques, et l’espace qui existe entre eux constitue un champ magnétique annulaire d’égale intensité . . . La bobine étant placée dans l’espace annulaire est donc noyée dans le champ magnétique et toutes ses parties sont soumises à l’induction, ce qui supprime les résistances inutiles et permet à l’appareil de donner le maximum d’effet utile avec le minimum de poids. Ce récepteur peut être soit directement appliqué directement à l’oreille, ou bien être muni soit d’un double tube acoustique permettant avec un seul récepteur l’audition bien auriculaire, soit d’un porte-voix permettant l’audition à distance . . . » 
A. d’Arsonval

(*) A. D’ARSONVAL, Notice n°78 sur les titres et travaux scientifiques de M. A d’Arsonval, Paris , 1888.

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1.3.3 Les premiers téléphones . . . à longue distance !

Ce sont des téléphones « Paul Bert et Arsène d’Arsonval » qui sont retenus par l’Administration des Postes et des Télégraphes, pour établir, à partir de 1888, les premières liaisons téléphoniques à longue distance, entre Paris, et les villes de Reims, Lyon, Marseille.

Pour en savoir plus :

Voir Frederic Nibart,Paul Bert et Arsène d’Arsonval,Angers, 2015. Renseignements

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L’organothérapie   (sécrétions internes)

En 1889, les noms « Brown-Sequard » et « d’Arsonval » sont associés à la recherche sur des extraits organiques et des sécrétions internes de glandes, point de départ de l’opothérapie,  notre hormonothérapie (endocrinologie) actuelle.
 
Rappelons que l’organothérapie appartient à l’opothérapie, une branche de la médecine qui fait usage d’extraits d’organes et de tissus animaux à des fins thérapeutiques. De manière plus spécifique, l’organothérapie propose des extraits de diverses glandes endocrines de types animales qui, introduites dans le corps, servent à réguler de nombreuses fonctions métaboliques.
Ainsi, après de nombreuses expériences, Arsène d'Arsonval exprime clairement, en 1891 à la Société de biologie, (dans le bulletin de l’Académie de médecine du 23 février 1892) un nouveau concept : " Nous croyons que tous les tissus glandulaires ou non, donnent quelque chose de spécial au sang ; que tout acte de nutrition s'accompagne d'une sécrétion interne [...] que toutes les cellules sont ainsi rendues solidaires les unes aux autres par un mécanisme autre que le système nerveux ".
Après le décès de Brown-Séquard le 2 avril 1894, Arsène d'Arsonval ne poursuit pas la recherche mais l’hormonothérapie est née et on sait quel a été son avenir avec notamment la naissance de nombreuses branches dans la médecine.

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2. Publications

Utilisation des forces naturelles – Avenir de l’électricité *

« . . . Puisque nous en sommes à chercher des moyens pour utiliser les forces naturelles, je vais en signaler un avant d'arriver à l'électricité à laquelle, pour moi, je le répète, appartient l'avenir. . . Mais la nature réalise-t-elle fréquemment ces conditions ?

Certes les sources chaudes ne manquent pas, mais nous avons encore d'autres mines de chaleur sous forme de calories négatives, je veux parier de la neige et des glaciers. Nous pouvons mettre notre condenseur dans un glacier et plonger la chaudière dans une rivière à 15°. Nous aurons encore une chute de chaleur de 15°. Notez bien que la condensation peut se faire à une grande distance de la machine à l'aide d'un tube incliné suivant la pente dû la montagne et qui ramènerait le gaz liquéfié auprès de la machine. . .
L'idéal serait de mettre la chaudière dans les mers équatoriales, et le condenseur aux pôles.

 Maïs point n'est besoin de faire un si long trajet ; nous savons en effet que, même à l'équateur, le fond de la mer est à 4° centigrades.
Il suffirait donc de placer la chaudière à la surface de l'eau et le condenseur à un millier de mètres au-dessous, pour trouver une différence de température suffisante. On pourrait également utiliser la chaleur centrale du globe en adoptant la disposition inverse. . .

Si nous avions des moyens pratiques pour conserver toute la neige qui tombe ou la glace qui se forme en hiver, Paris pourrait aisément se passer de charbon pour produire la force motrice nécessaire à son industrie. La Seine représenterait alors la source de chaleur et nos glacières refroidiraient les condenseurs de ces nouvelles « machines à vapeur » fonctionnant par le froid. . .
La fermentation est une source considérable d'acide carbonique; Les volcans aussi sont des sources de force à la manière de l'électricité atmosphérique, mais le moyen pratique d'utiliser cete énergie perdue ?
Je m'arrête dans l'énumération des moyens qu'on pourrait proposer pour utiliser les forces naturelles, je craindrais d'empiéter sur le terrain de M. Jules Verne.
Il y a loin du possible au pratique. Mais quel que soit le moyen employé pour utiliser comme moteur une force naturelle, ce n'est qu’en la transformant sur place en énergie électrique qu'on peut l’emmagasiner ou la transporter économiquement et pratiquement à toutes distances. C'est ce que je démontrerai dans un prochain article ».

(*) A. D’ARSONVAL, des extraits d'un article de la REVUE SCIENTIFIQUE DE LA FRANCE ET DE L’ÉTRANGER,N°12, ANNÉE 1881

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La mesure des températures par l'électricité *  

« Au point de vue du travail, l’être vivant est une véritable machine thermique. . .
. . .Le système nerveux, en excellent chef d'Etat, laisse aux cellules leur individualité et leur indépendance propres, tout en faisant concourir l'activité de chacune d'elles au bien commun de la république organique.
Un homme d'Etat puisant ses inspirations dans la physiologie générale, ferait à coup sûr d'excellente politique.
Ainsi pas une action dans l'organisme n'échappe à la surveillance du système nerveux, et chaque acte est précédé, accompagné ou suivi d'une manifestation calorifique. Me voilà, dira-t-on, bien loin de mon sujet; j'y entre en plein, au contraire. Ces préliminaires n'avaient pour but que de montrer l'immense intérêt qui s'attache à l'étude de la chaleur animale, et combien est important chaque perfectionnement instrumental qui permet d'aborder cette étude avec plus de précision.

. . . L'électricité constitue aujourd'hui le moyen d'étude le plus parfait et le plus délicat dont le physiologiste puisse disposer.
Cette circonstance motive suffisamment, par conséquent, la persévérance que je mets à perfectionner cette précieuse méthode, pour la voir sortir du laboratoire et s'introduire dans la clinique. D'après ce que j'ai dit ci-dessus, on comprend qu'il y ait un grand intérêt à pouvoir prendre la température des différentes parties du corps vivant, tant à la superficie même que dans les régions les plus profondes. . . Il faut que l'appareil thermométrique puisse pénétrer dans l'intérieur des organes les plus profonds, dans l'intimité des tissus, sans entraîner de douleur, lorsqu'il s'agit de l'application médicale.

Les soudures thermoélectriques se prêtent merveilleusement à ces exigences. On peut les faire d'une ténuité extrême, et leur sensibilité est telle, qu'on peut obtenir très facilement le centième de degré centigrade. C'est A-C. Becquerel qui employa le premier cette méthode pour l'étude de la chaleur animale. Claude Bernard la reprit plus tard pour l'étude de la température du sang. Le principe de la méthode est resté le même, mais les instruments ont été perfectionnés de manière à en faciliter l'emploi. . . Une installation thermoélectrique comporte trois parties bien distinctes :
1° Les soudures exploratrices;
2° Le galvanomètre ;
3° Les appareils accessoires pour avoir des températures constantes ou pour grouper de certaine manière les sondes exploratrices. . .

Les aiguilles thermoélectriques employées jusqu'en 1876 se composaient toutes de 2 fils hétérogènes soudés par leur extrémité qui se terminait en pointe aiguë. On vernissait ces fils avec soin ; car, au contact des liquides animaux, des fils nus de métaux différents auraient donné naissance à des courants hydroélectriques rendant toute observation impossible. Ce vernis était très sujet à s'enlever, comme bien on pense, et constituait un danger permanent.
J'ai supprimé cette difficulté en remplaçant l'un des fils par un tube qui entoure l'autre fil et le protège contre les liquides animaux. On n'a plus de la sorte qu'un seul métal à l'extérieur et le danger est évité. . .
La thermométrie ne s'occupe que de la répartition de la chaleur produite; à la Calorimétrie revient l'étude de la production. C'est certainement le point le plus important. Depuis quelques années, j'ai inventé des méthodes calorimétriques pour la physiologie qui permettent « de faire inscrire par l'animal lui-même, sans corrections et pendant un temps indéfini, la quantité de chaleur qu'il produit à chaque instant. » Les renseignements que fournit cette nouvelle méthode, où l'électricité a sa part, sont de la plus haute importance pour la théorie et pour la pratique médicale. J'y reviendrai plus tard ».

(*) A. D’ARSONVAL, des extraits d'un article de La Lumière Électrique, Journal universel d’Électricité, N°54, ANNÉE 1881

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Les sciences-physiques en biologie - l'électricité * 

« [La science des êtres vivants, la Physiologie moderne, a enfin trouvé sa voie. . . L'électricité apparaît constamment dans les phénomènes vitaux. Tous les êtres vivants sont le siège de manifestations électriques qui atteignent leur summum chez les poissons électriques. On a beaucoup étudié l'électricité d'origine animale. Cette étude n'a pas conduit à grand-chose, malgré les plus persévérantes recherches. A mon avis, ce n'est pas là le côté intéressant de la question. Ce n'est pas l'origine animale de l'électricité qui peut nous intéresser, mais bien l'inverse: l'action de l'électricité sur l'être vivant. Cette action, bien qu'étant encore inconnue dans son mécanisme, ne saurait être méconnue dans ses résultats. . .

L'électricité doit devenir, à mon avis, un de nos moyens d'action les plus puissants pour modifier les êtres vivants. Je suis persuadé que la thérapeutique de l'avenir n'emploiera comme moyens curatifs que des modificateurs physiques (chaleur, lumière, électricité ou autres : froid, chaud, etc ...). Le moyen barbare qui, sous prétexte de nous guérir, consiste à nous empoisonner avec les drogues les plus vénéneuses de la chimie, devra céder la place aux agents physiques dont l'emploi a au moins l'avantage de n'introduire aucun corps étranger dans l'organisme . . .]1

[. . . L’être vivant est un édifice sublime résultant du concours harmonique de toutes les lois et de toutes les propriétés de la matière. Il est l’expression la plus élevée et la plus avancée actuellement de cette loi universelle de l’évolution qui, à travers le temps et l'espace, conduit la matière vers des états de plus en plus parfait . . .]2
[. . . La vie peut donc être définie: la lutte du passé transmis par hérédité, avec le présent qui tend, à modifier ; ou plus simplement : La vie est le conflit permanent du passé avec le présent . . .]3,
[. . . Tout être vivant, quelque compliqué qu'il soit, est composé de cellules qui fonctionnent synergiquement tout en conservant leur autonomie. En un mot tout animal est réductible à la cellule; par conséquent avant d'étudier un être dans son ensemble et dans ses fonctions supérieures, il est nécessaire de connaître parfaitement les propriétés des éléments anatomiques qui servent à le construire. . . ]7,

[. . . Pour fonctionner normalement, la cellule doit posséder un certain état électrique . . .Je suis arrivé à cette conclusion par différentes considérations et diverses expériences que je rapporterai en détail lorsque je parlerai de la production d'électricité chez les êtres vivants. . . L'électricité, en dehors de l'être vivant, doit jouer dans la nature un rôle de synthèse des plus importants . . .
J'ai montré qu'on pouvait suspendre complètement, ou tout au moins retarder considérablement, les phénomènes de fermentation en plaçant les substances en expérience dans un champ magnétique très puissant; la digestion rentre dans ce cas . . . Je compte soumettre un animal entier à cette influence pour pouvoir analyser complètement ces phénomènes si curieux. Les grands solénoïdes et les courants puissants que monsieur Marcel DEPREZ veut bien mettre à ma disposition me permettront d'exécuter facilement cette analyse. Je montrerai dans le courant de cette étude que tout fonctionnement de la cellule s'accompagne d’un dégagement d'électricité par un mécanisme dont j’ai prouvé l’existence et dont je montrerai la généralité . . . ]10 »,

(*) A. D’ARSONVAL, des extraits d’articles de La Lumière Électrique, Journal universel d’Électricité,  Année 1882
     Articles : (1) du 25 février - (2) du 8 avril – (3) du 29 avril - (7)  du 8 juillet – (10) du 23 septembre 1882

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De l’injection des extraits liquides provenant des différents tissus de l’organisme, comme méthode thérapeutique* 

« Au nom de M. Brown-Séquard et au mien, je désire entretenir la Société de la nouvelle série d'expériences que nous poursuivons pour étudier l'action physiologique et thérapeutique de l'injection des extraits liquides provenant des différentes parties de l'organisme (glandes et tissus divers). Tous ses extraits sont obtenus limpides et stériles au moyen du stérilisateur à acide carbonique liquéfié que j'ai décrit antérieurement à 1a Société (de biologie) . . .
Dans ses premières communications sur le liquide testiculaire, en juin 1889, M. Brown-Séquard a dit que ce qu'il faisait pour le testicule pouvait et devait être fait pour les autres glande avec ou sans conduits excréteurs.
 L'an dernier, il communiquait à la Société le résultat d'expériences que nous avions faites au laboratoire avec des liquides contenant le suc de la rate, des reins, du foie, des capsules surrénales, des poumons, etc. L'injection de tous ces liquides a entraîné la mort des animaux expérimentés dans un espace de temps variant de un à dix jours ; le poumon s’est montré constamment le plus toxique.

 Nous avons repris ces expériences à la fin de l'année passée (octobre 1890), et nous les poursuivons depuis cette époque en aseptisant les liquides au moyen de l'acide carbonique liquéfié.
 Nous avons constaté une différence radicale entre les effets des injections de liquides non aseptisés et ceux des injections de liquides préparés par l'acide carbonique, ces derniers, même à doses considérables, manifestent des effets physiologiques très accentués, et variables suivant leur provenance, mais n'entrainent pas la mort de l’animal en expérience.
 Cette constatation, faite à différentes reprises sur un grand nombre d'animaux et pour la plupart des tissus ou organes (foie, reins, cerveau, moelle, glande thyroïde, capsules surrénales, pancréas, muscles, etc.) nous a permis de reprendre ces recherches d’un intérêt capital.

 La question s’est donc élargie, et maintenant nous croyons que tous les tissus, glandulaires ou non, donnent quelque chose de spécial au sang, que tout acte de nutrition s’accompagne d’une sécrétion interne, nous croyons en conséquence que tous les tissus pourront être employés dans des cas spéciaux comme mode de traitement, qu’il y a, en un mot, à créer une nouvelle thérapeutique dont les médicaments seront fabriqués par les différents tissus de l’organisme.
 Les produits bactériens nous ont appris combien étaient actifs les composés chimiques élaborés par les infiniment petits; la cellule vivante, à quelque tissu de l'organisme qu'elle appartienne, doit, par analogie, sécréter des produits dont l'efficacité n'est pas moindre. C'est l'étude de cette action physiologique que nous poursuivons depuis qu'il nous a été prouvé que l’action de l'acide carbonique à haute pression permettait : 1° de rendre aseptiques les extraits de tous les tissus et 2° conservait aux ferments qu'ils sécrètent toutes leurs propriétés. Dès à présent, ces liquides peuvent être injectés à l'homme sans danger, dans un but thérapeutique. Le champ ouvert aux recherches dans cette voie est immense. . . »

(*) A. D’ARSONVAL,des extraits de la communication faite à l’Académie de médecine,en février 1892.

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La physiologie (définition de wikipédia)

La physiologie (du grec φύσις, phusis, la nature, et λόγος, logos, l'étude, la science) étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants (organes, tissus, cellules et organites cellulaires).  La physiologie étudie également les interactions entre un organisme vivant et son environnement

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